Le Castor

Le Castor

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Le Castor – 4221m

Avec cet article sur le sommet du Castor – 4221m en alpinisme, je vous propose un format spécial, la “fiche technique”.

Mon but est de concevoir des fiches techniques détaillées de certaines sorties sur le modèle des topo-guides.

Sorties de randonnées à pied, de randonnées en raquettes, de randonnées à skis, de sommets en alpinisme.

Ces sorties sont détaillées avec un texte “pas à pas”, avec les altitudes, les endroits importants et caractéristiques. Le tout entrecoupé de photos prises à différents endroits et en suivant le texte.

Enfin, un résumé des points importants : dénivelé, horaire, etc…

0 Castor

Je vous emmène aujourd’hui découvrir un grand sommet glaciaire peu difficile, le Castor – 4221m.

Le Castor, en italien Punta Castore, est le plus haut (4 221 mètres) des deux « Jumeaux » des Alpes valaisannes à la frontière entre le canton du Valais et la région du Val d’Aoste, non loin du Pollux (4 092 mètres) au nord-nord-ouest. Ces deux sommets sont ainsi nommés en référence aux Dioscures de la mythologie grecque, Castor et Pollux, fils de la déesse Léda.

Le Castor est situé entre le Breithorn et le Mont Rose. C’est un sommet accessible tout l’été, de Juin à Septembre.

La voie d’ascension décrite sera la voie normale, l’arête Sud-Est. Elle part du refuge Quintino Sella al Felik (3585m), côté italien du massif du Mont Rose. On atteindra ce refuge facilement depuis la vallée de Gressoney (Vallée d’Aoste – Italie).

Refuge

Le refuge Quintino Sella al Felik. 

Inauguré le 29 août 1981, il peut accueillir au maximum 142 alpinistes.

Ce refuge est formé par trois unités d’habitation : le récent refuge Quintino Sella, la structure extérieure qui accueille les toilettes et le vieux refuge Quintino sella,  qui, en partie rénové, est utilisé comme refuge d’hiver et entrepôt avec environ 25 places.

Le nom du refuge rend hommage à Quintino Sella, fondateur du CAI (Club Alpin Italien).

Le refuge actuel est divisé en trois niveaux : au rez-de-chaussée les alpinistes peuvent trouver l’entrée avec une salle pour l’équipement, le restaurant et le bar où on sert les repas et les petit déjeuners. Au premier étage se trouvent les chambres, chacune de 8 places. Enfin au deuxième étage, il y a une chambrée avec des lits à une place et des lits superposés.

Refuge gardienné de Juin à Septembre.

http://www.rifugioquintinosella.com

Tél. et Fax +39 0125 366113
E-mail : info@rifugioquintinosella.com

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Histoire du refuge Quintino Sella

Le premier refuge Sella a été construit par la section du CAI de Biella en collaboration avec la section du CAI de Varallo Sesia ; il a été inauguré le 15 aout 1885 et a été nommé Quintino Sella, fondateur du CAI, mort en 1884.
Le refuge a été construit par l’hôtelier et menuisier de Gressoney, Daniele Thedy. Il était entièrement en bois et pouvait accueillir environ 15 personnes.  Les 1850kg de matériel nécessaires pour la construction ont été transportés à dos de mulets jusqu’au col Bettaforca et après à dos de porteurs. Le coût total fut de 1388 lires.
En 1904, vu l’état précaire du bâtiment, abimé par les intempéries et par l’incurie des visiteurs, la section du CAI de Biella a décidé de le rebâtir. La tâche de construire un nouveau refuge, toujours en bois, fut donnée à Floriano Lateltin de Gressoney. Le bâtiment fut placé sur le plateau juste un peu plus haut par rapport au vieux refuge et fut inauguré le 22 juillet 1907.
Le premier gardien du refuge fut le guide Giovanni Guglielminotti d’Alagna, surnommé le Blond. En 1910 le vieux refuge fut transporté près du nouveau pour le protéger des intempéries et utilisé comme habitation pour le gardien. La même année la garde du refuge fut donnée à la famille de Giovanni Roveyaz, qui avec ses fils Marino et Camillo aurait dédié sa vie au refuge ; en effet, ils en ont été les gardiens pendant 60 ans.
Après la Première Guerre Mondiale, vu que le nombre des alpinistes avait augmenté, le refuge n’était plus suffisant. En 1924 un nouvel agrandissement se terminait et le refuge fut agrandit en longueur ; deux structures latérales ont été ajoutées, l’une nouvelle et l’autre en réutilisant le vieux refuge de 1885.
En 1936 un évènement extraordinaire mis en danger le refuge : la nuit du 4 août, un énorme éboulement, estimé à plus de 200.000 mètres cubes, se détacha des alentours du refuge et précipita cette masse de rochers dans la vallée d’Ayas, jusqu’à attendre l’Alpe de Verra supérieure après un trajet de plus de 3 kms sur un dénivelé de 1200 mètres. L’éboulement ensevelit presque complètement l’alpage et tua 24 têtes de bétail. Les trois hommes de l’alpage ont été indemnes comme par miracle.
Vu le danger d’éboulement, qui aurait pu détruire le refuge, il fut déplacé dans un endroit plus sûr qui nécessita un mois de travail. La nouvelle position n’était pas si sûre et en 1945, à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale,  la section du CAI décida pour un nouveau recul et le refuge fut déplacé sur un solide banc de rocher. Celle-ci est la position actuelle du refuge.
Depuis, le refuge a continué a fournir ses services jusqu’au début des années 1980.
Les temps étaient en train de changer. En 1974 fut installé le téléphone, et en 1977 fut bâtit le télésiège qui partait de Stafal jusqu’au col Bettaforca, diminuant le parcours pour arriver au refuge. Toujours en 1977, Luciano Chiappo est devenu le nouveau président du CAI de Biella et il commença une campagne pour la réalisation d’un nouveau refuge.

Le Castor – 4221m

La première ascension a eu lieu le 23 août 1861 par l’arête Sud-Est, par le guide chamoniard Michel Croz, avec les anglais William Mathews et Frederick William Jacomb.

 

  Cotations : PD – II

La voie d’ascension normale, la plus facile, emprunte l’arête Sud-Est (Grenzgrat) qui part du Felikjoch (Col du Felik – 4061m). C’est une course de neige classique, avec une deuxième partie bien fine et “aérienne” sur son arête Sud-Est, de plus en plus effilée au fil des années.

C’est une ascension assez courte, mais avec un panorama fabuleux sur les nombreux “4000” des Alpes (Mont-Blanc, Valais, Grand Paradis…).

Voici  le texte détaillé accompagné de photos de cette sortie.

Accès

Carte Vallée d'Aoste

Depuis la vallée principale d’Aoste, à Pont Saint-Martin, remonter toute la vallée du Lys (35km) jusqu’à son terminus, Staffal (1818m), en passant par Gressoney-la-Trinité. Très grand parking.

On aperçoit déjà au loin le sommet du Castor.

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Staffal (1818m) est un petit centre touristique (hôtels, bars, restaurants, magasins de sports, grands parkings).

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C’est aussi le départ des sentiers et des remontées mécaniques pour aller en montagne.

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La carte

Carte Castor 1

Carte Castor 2 b

Premier jour

Montée au refuge Quintino Sella al Felik

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Du parking, se diriger vers les caisses des remontées mécaniques (Staffal/Colle Betta : 25€ en 2021), de l’autre côté du torrent  du Lys.

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Puis prendre de téléphérique qui monte à Sant’Anna (2175m).

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On a déjà une magnifique vue sur les “4000”, du Castor (4221m) à gauche, au Lyskamm (4527m) au centre, et à la Pyramide Vincent (4215m) à droite.

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On prend ensuite le télésiège qui monte au Colle Betta – 2727m (près du Col Bettaforca).

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A l’arrivée du télésiège, bar / restaurant.

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Le sentier

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Le sentier qui monte au refuge Quintino Sella al Felik démarre à droite des bâtiments (sentier N°9).

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Il commence sur une piste que l’on suit vers le Nord, et qui contourne une pointe rocheuse par l’Est, la Punta Battolina (2996m).

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De belles fleurs de rocaille parsèment les éboulis en bordure de sentier (ici, Céraiste des Alpes).

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Et quelques bouquetins surveillent les alpinistes et randonneurs de passage sur leurs terres !

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Le sentier N°9 est bien balisé…

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Après avoir longé la Punta Bettolina (2996m) puis atteint le Passo della Bettolina inferiore (2905m), on poursuit vers le Nord.

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Un grand plateau d’éboulis amène au col suivant, le Passo della Bettolina superiore (3100m).

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Belle vue côté Ouest sur les Breithorn (4165m, 4156m, 4141m), sur la Roccia Nera (4065m) et leurs glaciers.

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Passo della Bettolina superiore (3100m)

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Toujours les Breithorn

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Après une zone de gros éboulis que le sentier traverse, on arrive sur la crête finale d’accès au refuge. Il s’agit d’une arête rocheuse “aérienne”, équipée en partie de grosses cordes bleues pour sécuriser la progression.

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Mais toute cette partie est facile et évidente à suivre.

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Les cordes s’interrompent en arrivant sur le grand plateau rocheux où se trouve le refuge Quintino Sella al Felik (3585m).

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Et nous voici arrivé au refuge Quintino Sella al Felik (3585m). 3h30. D+ 900m.                                                                                                     Toute la voie d’ascension du Castor (4221m) est visible à gauche du refuge.

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A droite du refuge, le majestueux Lyskamm (4527m).

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Et au loin, quelques sommets du massif du Mont Rose, Punta Parrot (4436m), Ludwigshöhe (4342m), Corno Nero (4322m), Balmenhorn (4167m) et Piramide Vincent (4215m).

Deuxième jour

Ascension du Castor

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Vue générale de l’ascension du Castor – 4221m.

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On démarre l’ascension en rejoignant le glacier du Felik, presque plat et très peu crevassé au début.

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On remonte le glacier du Felik vers le Nord, en passant sous les parois de la Punta Perazzi (3906m) et en se dirigeant vers la Punta Felik (4089m).

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Au loin vers l’Ouest, on aperçoit le massif du Mont-Blanc, et à droite, plus proche, le Grand Combin (4313m).

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Le Mont Blanc (4810m) au lever du soleil.

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Le glacier du Felik sera en neige en début de saison, et en partie en glace en fin de saison.

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Premiers rayons de soleil sur le refuge Quintino Sella al Felik.

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Loin au Sud-Ouest, de l’autre côté de la vallée d’Aoste sous les nuages, le Grand Paradis (4061m) et la Grivola (3969m) à droite.

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Gros plan sur le Grand Paradis (4061m) et la Grivola (3969m).

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Au Sud, la plaine du Pô.

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On aborde la pente raide de la Punta Felik (4089m) en une grande traversée ascendante de gauche à droite.

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Puis une arête neigeuse raide permet d’arriver non loin du sommet de la Punta Felik (4089m).

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Un piolet, un bâton, une manière efficace et sûre de progresser en neige raide.

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Arrivé à quelques mètres de la Punta Felik (4089m), on redescend facilement au col Felik (4061m).

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Côté suisse, magnifique vue de gauche à droite sur l’Ober Gabelhorn (4063m), le Zinalrothorn (4221m) et le Weisshorn (4505m) et son petit nuage, de grands “4000” du Valais.

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L’ Ober Gabelhorn (4063m) et le Wellenkuppe (3903m) en gros plan, derrière les séracs de la face Est du Castor.

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On remonte ensuite plein Ouest vers l’arête Sud-Est du Castor.

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Derrière, le massif des Lyskamm (4478m et 4527m) est omniprésent.

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Après cette pente large et facile, on aborde l’arête Sud-Est du Castor proprement dite, effilée et délicate, surtout quand on doit croiser d’autres cordées.

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De petites montées et descentes jalonnent le parcours de cette arête.

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Equilibre et concentration !

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On chemine sur le fil de l’arête, ou sur un des deux versants. Attention aux corniches !                                                                                                 Le sommet du Castor se rapproche, encadré par le Cervin (Monte Cervino ou Matterhorn – 4478m) et par le Weisshorn (4505m).

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Voici enfin la dernière montée finale pour accéder au sommet du Castor (4221m).

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En se retournant, on imagine qu’il ne faut pas tomber sur cette arête !

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Le but est atteint, le sommet du Castor (4221m) est dans la poche. 3h00. D+ 650m.

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Vue fabuleuse ! En enfilade, le plus proche sommet est Pollux (4091m), puis la Roccia Nera (4065m), les Breithorn Oriental (4141m), Central (4156m) et Occidental (4165m), puis le Matterhorn (4478m).

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Et vers l’Est, les Lyskamm Occidental (4478m) et Oriental (4527m).

 

   Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu : Le Grand Paradis – 4061m, en alpinisme

Redescente au refuge

Reprendre les mêmes traces pour retourner au refuge Quintino Sella al Felik (3585m).

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L’arête Sud-Est en sens inverse…

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Puis la descente au colle di Felik (4061m).

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Et enfin la descente facile du glacier du Felik.

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La langue de glace terminale est sans crevasses, d’où l’absence de corde (à cet endroit !).

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Puis c’est le retour au refuge Quintino Sella al Felik (3585m). 1h30. D- 650m.

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Puis c’est la redescente au télésiège puis à Staffal, en repassant au début par la partie d’arête équipée de cordes. 2h00. D- 900m.

Matériel

Chaussures d’alpinisme, harnais, crampons, piolet, casque, bâtons, corde, matériel de sécurité sur glacier, vêtements et gants chauds

Points pratiques essentiels

Montée au refuge Quintino Sella al Felik

Point de départ : Colle Betta

Durée montée : 3h30

Orientation : Sud

Difficulté : T2 (Peu Difficile)

Dénivelé positif : 900m

Altitude départ : 2727m

Altitude arrivée : 3585m

Ascension du Castor (AR)

Durée montée : 3h00

Durée descente : 1h30

Orientation : Sud-Sud-Est

Difficulté :  PD (Peu Difficile)

Dénivelé positif : 650m

Dénivelé négatif : 650m

Altitude départ : 3585m

Altitude arrivée : 4221m

Redescente au télésiège

Durée descente : 2h00

Orientation : Sud

Difficulté : T2 (Peu Difficile)

Dénivelé négatif : 900m

Altitude départ : 3585m

Altitude arrivée : 2727m

 

Bonne course…

 

Bien sûr, si vous ne vous sentez pas de partir seul, n’hésitez pas à faire appel au service d’un professionnel de la montagne, un Guide de Haute Montagne.

 

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