Le Bouquetin des Alpes

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Le Bouquetin des Alpes

Le Bouquetin des Alpes (Capra ibex)

Je vous présente aujourd’hui un animal majestueux, emblématique de la montagne : le Bouquetin des Alpes.

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Le bouquetin est un animal de haute montagne, peut-être l’ancêtre de la chèvre domestique. Il vit dans les zones rocheuses d’altitude.

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Le mot « bouquetin » dérive du provençal boc-estain, dont l’origine viendrait soit de l’occitan boc estanc « bouc au pied solide », soit de l’allemand Steinbock « bouc de rocher ». Capra est le nom latin de la chèvre, ibex est un type de chèvre.

L’espèce Capra ibex a été décrite pour la première fois par Linné en 1758. Elle est aujourd’hui considérée comme monotypique.

Histoire

Jusqu’au Tardiglaciaire, le bouquetin vivait dans toutes les régions montagneuses d’Europe. Il est source d’inspiration pour les hommes du Paléolithique supérieur qui le représentent dans de nombreuses grottes à l’instar de celle de Lascaux (le bouquetin est représenté dans 47 grottes paléolithiques rien qu’en Dordogne). C’est pendant cette période que les sous-espèces s’individualisent tandis que les différentes populations gagnent progressivement les altitudes les plus élevées au fur et à mesure que le climat se réchauffe.

Autrefois très courant dans les Alpes françaises, le bouquetin abondait jusqu’au XVIe siècle. Mais il a été trop fortement chassé et braconné, à partir de 1550 environ (le développement des armes à feu raréfie l’espèce. L’animal, facile à approcher et à chasser, est alors consommé pour sa viande. Il est également prisé dans la médecine de l’époque : les cornes broyées en poudre sont alors utilisées comme remède contre l’impuissance, son sang comme remède contre les calculs rénaux, l’os cruciforme situé au niveau du cœur comme talisman contre la mort subite, que les locaux portaient autour du cou. Enfin l’estomac est utilisé pour vaincre les dépressions. Peu méfiant, il faisait une cible trop facile, et les cornes des mâles étaient très recherchées comme trophées de chasse.

L’espèce a failli bien disparaître vers 1820 ; il ne restait alors qu’une centaine de bêtes.

26 Bouquetin, par Edward Whymper

L’espèce doit sa survie aux rois de Piémont-Sardaigne. Le constat de la quasi-disparition de l’espèce présenté à l’Académie Royale des Sciences à Turin conduisit en effet le roi Charles-Félix de Savoie à interdire par décret la chasse des bouquetins des Alpes sur les terres royales du Grand Paradis le 12 septembre 1821, puis sur l’ensemble des terres de la Maison de Savoie.

Le roi Victor-Emmanuel II fit ensuite protéger en 1856 les derniers individus situés en Vallée d’Aoste pour sa chasse personnelle, en créant la réserve royale du Grand Paradis, avec le château de Sarre et la maison de chasse d’Orvieille au Valsavarenche comme points de référence. Il engagea un corps de garde-chasses afin de protéger cette population.

Les successeurs italiens de Victor-Emmanuel II – les rois Humbert Ier et Victor-Emmanuel III – poursuivirent les achats de terre et de fermage en Vallée d’Aoste et dans le Piémont, régions dans lesquelles les bouquetins étaient alors strictement surveillés, des battues annuelles étant organisées sous contrôle des gardes royaux. En 1922, la réserve royale de chasse du Grand Paradis devient Parc National italien et la chasse y est complètement interdite.

Côté français, il ne restait que 7 bouquetins dans le massif du Mont-Blanc en 1866, où il disparut en 1870. Une petite population relictuelle se maintenait sur les hauteurs du massif de la Vanoise, sur le versant de la Maurienne plus difficilement accessible car plus escarpé et d’altitude moyenne plus élevée. La création du Parc National de la Vanoise, contigu au Parc National italien du Grand Paradis, facilita les échanges entre les deux populations et contribua ainsi au renouveau de l’espèce.

L’espèce est aujourd’hui hors de danger.

Classification

Linnaeus (Carl von Linné) 1758

Règne
Animalia

Embranchement
Chordata

Sous-embranchement
Vertebrata

Classe
Mammalia

Sous-classe
Theria

Infra-classe
Eutheria

Ordre
Artiodactyla

Famille
Bovidae

Sous-famille
Caprinae

Genre
Capra

Espèce

Capra ibex

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Le Bouquetin des Alpes

Description

C’est un ongulé de taille moyenne, au corps massif et trapu, campé sur des membres robustes. Son pelage varie entre le fauve et l’ocre ; il est clair au ventre et plus foncé sur les pattes. Ses petites oreilles sont ovales, ses yeux ronds  rouille et noirs. Une petite barbichette est présente sous le menton.

La coloration de la robe du bouquetin varie au fil des saisons. En période estivale, le poil est court, et beige/brun clair.

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A l’automne, il tombe lentement et est remplacé par une fourrure à poils plus longs et épais, de couleur brun foncé, presque noir. Cette épaisse fourrure protégera le bouquetin du froid hivernal, et sa couleur plus foncée absorbera les rayons du soleil.

Une mue s’opère au sortir de l’hiver en mai-juin. Les bouquetins se débarrassent de leur fourrure hivernale en se frottant aux rochers et aux arbres. Il n’est pas rare à cette période de retrouver des poils accrochés aux pierres, aux arbustes, ronces et buissons épineux.

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Cette mue est également à l’origine de démangeaisons que les bouquetins mâles tentent de calmer à l’aide de leurs longues cornes.

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Le pelage d’été du bouc est de couleur gris fer hormis le ventre qui est parfois blanc, le dessus de la queue brun marron, les membres plutôt brun foncé voire noirâtres et une bande médiane sur le dos de couleur presque noire (celle-ci peut cependant faire défaut). Dès le mois de novembre, le pelage des mâles s’assombrit et devient marron foncé.

Le bouquetin peut sauter plus de 6 mètres de longueur, et galoper à plus de 70 km/h sur terrain plat. En cas de dérangement, il émet un sifflement nasal bref qui sert de signal d’alerte. Le bouquetin peut atteindre 20 ans.

Le bouquetin des Alpes possède une appellation différente selon le sexe et l’âge :

  • bébé : “cabri“
  • femelle adulte : “étagne“
  • femelle jeune : “éterle“
  • mâle adulte : “bouc“
  • mâle jeune : “éterlou“

Le mâle (Bouc) : les cornes peuvent atteindre 70 cm à 1 m de long pour 5 à 8 kilos, recourbées en arrière, en forme de sabre, avec lesquelles il peut se gratter le dos, et ornées de bourrelets bien marqués (qui n’indiquent pas l’âge – il peut se former 1 à 3 bourrelets par année ! Contrairement aux idées reçues, les nodosités des cornes des bouquetins mâles ne permettent pas de calculer leur âge. Ce sont en fait les stries de croissance de l’encornure formant une suite d’étuis emboîtés qu’il faut compter pour déterminer l’âge d’un mâle adulte). Pour pouvoir supporter ce poids, son crâne est large, son cou possède des muscles très développés et sa nuque est puissante. Les cornes du bouquetin ne tombent jamais. Le mâle pèse de 75 à 120 kg, mesure 140 à 155 cm pour une hauteur au garrot de 65 à 95 cm.

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Pour les cornes : au-delà de quinze centimètres, chez les individus mâle, l’âge peut être évalué de la sorte :

  • deux ans d’âge : 20 centimètres
  • trois ans d’âge : 40 centimètres
  • quatre ans d’âge : 50 centimètres
  • cinq ans d’âge et plus : cornes égales ou supérieures à 60 centimètres

Chez les jeunes femelles :

  • deux ans d’âge : cornes ne dépassant pas les 20 centimètres
  • au-delà, il devient très difficile d’apprécier l’âge de la femelle

Les très vieux bouquetins vivent en solitaires.

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La femelle (Chèvre) : les cornes peuvent atteindre jusqu’à 35 cm de long, très fines et presque lisses. Plus pointues, elles sont aussi plus dangereuses. La femelle, ou étagne, est plus petite et plus gracile que le mâle. Elle pèse de 35 à 50 kg. Elle est plus difficile à approcher que le mâle.

Le pelage de la femelle est d’un beige jaunâtre ou châtain clair, à l’exception du ventre plutôt blanchâtre et des membres qui sont brun foncé. Il s’assombrit légèrement en hiver. Quoi qu’il en soit, été ou hiver, la robe de l’étagne est plus claire que celle du bouc.

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Le jeune bouquetin, ou cabri, a la taille d’un petit mouton et des cornes très courtes. Il suit habituellement sa mère de près.

Le pelage des jeunes bouquetins est beige fauve à la naissance, plus clair que celui des étagnes, et demeure ainsi jusqu’à l’âge de deux ans.

Chez les petits bouquetins, la reconnaissance des sexes est impossible avant 5-6 mois et reste très difficile jusqu’à 1 an.

Trois mois après sa naissance, il se dote d’une paire de cornes, lesquelles grandissent tout au long de sa vie, leur croissance se ralentissant cependant avec l’âge.

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Chaque femelle a deux petits, celui de l’année et le cabri de l’année précédente. Les jeunes bouquetins sont abandonnés à leur sort vers 7 ou 8 mois par les étagnes, avant l’hiver.

Femelles et jeunes sont plus farouches que les mâles.

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Les mâles et les femelles vivent en hordes distinctes. Les mâles se localisent en haute altitude, tandis que femelles et jeunes se trouvent plus bas.

Il se cantonne entre 2700 m et 3300 mètres d’altitude (record d’altitude : 3500 mètres).

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Les bouquetins adorent jouer, sauter et gambader avec agilité dans des couloirs raides.

Le bouquetin est un grimpeur hors pair grâce à ses sabots aux bords cornés rigides qui lui assurent un pas sûr, et à la sole (dessous du sabot) souple qui l’empêche de glisser. Ses deux pinces sont indépendantes l’une de l’autre et le pied peut ainsi s’adapter aux irrégularités du terrain.

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L’ongle des sabots est formé de corne très dure, tandis que le coussinet de la plante est à la fois antidérapant et amortisseur. Des ergots saillants et “caoutchouteux” près des talons facilitent l’accroche en descente. Le bouquetin peut écarter les doigts, puisqu’il n’y a pas de cloison interdigitale (membrane extensible,  comme chez le sabot du chamois).

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Les sabots antérieurs sont plus nettement développés que les sabots postérieurs. Le bouquetin est ainsi  parfaitement adapté au rocher.

Les «chaussons d’escalade» du bouquetin fonctionnent ainsi presque comme des ventouses, faisant de cet animal lourd et massif un grimpeur agile.

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Les empreintes du bouquetin mesurent de 5 à 10 cm. Les sabots ont des bords concaves, le dessous de la patte est poilu.

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Le Bouquetin des Alpes

Reproduction et comportement

Les mâles obéissent à des lois hiérarchiques dépendant de leur âge : les grands mâles aux longues cornes dominent les plus jeunes. Cette hiérarchie est acceptée de tous. Des combats ont lieu entre mâles du même âge. Contrairement à ceux des chamois, ces combats ne mettent pas leur vie en péril. Les cornes, signe de puissance, évitent un gaspillage inutile des forces.

Le bouquetin est polygame. Il y a un mâle dominant par groupe, qui s’impose après un combat de coups de cornes. Ces combats sont discrets et rarement violents, et s’échelonnent toute l’année. Les vieux individus sont souvent les dominants.

Le dominant se réserve le droit de saillir la femelle de son choix, de sorte que les mâles plus jeunes ont moins de chance de se reproduire, alors qu’ils se montrent beaucoup plus excités.

La maturité sexuelle des mâles est atteinte vers 18 mois, 2 ans pour les étagnes. Pour les femelles, la meilleure productivité se situe entre 3 et 13 ans avec un maximum aux alentours de 8 ou 9 ans. Les mâles peuvent eux se reproduire jusqu’à l’âge de 16-17 ans et les femelles jusque vers 14-15 ans.

Le mâle en rut a la queue rabattue sur l’échine laissant ainsi éclater la blancheur de son fessier. La femelle, elle, manifeste son désir en frétillant de la queue. Plusieurs coïts ont lieu en quelques heures et les accouplements se déroulent généralement à la tombée du jour ou la nuit.

L’étagne met bas en général 1 petit cabri, parfois 2 jumeaux.

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En été, les bouquetins vivent en groupes de 2 à plus de 50 individus, toutes classes d’âges confondues.

Les troupeaux peuvent parfois compter une centaine de boucs. Les hardes de femelles sont conduites par une étagne de 10 à 15 ans.

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Les femelles, avec leurs cabris et les jeunes de 2 ans, vivent en groupes séparés. Durant la période du rut, mâles et femelles vivent en hardes mixtes et ce sont alors uniquement les mâles dominants qui sailliront les femelles.

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Régime alimentaire

L’animal est essentiellement diurne. Il s’active durant deux périodes par jour, avant le lever du soleil et les premières heures du jour, et le soir avant la tombée de la nuit. Il se repose et rumine le reste du temps.

Herbivore, le bouquetin peut manger jusqu’à 20 kilogrammes par jour, de préférence des fétuques de montagne (Fétuque ovine) ou diverses graminées ; mais aussi des lichens, des rameaux de genévriers ou certains chardons, rhododendrons ou mousses et lichens pourtant difficiles à digérer. Il recherche le sel dont son organisme a besoin et qu’il trouve sur les schistes (entre autre des sels minéraux en “léchant” certaines pierres, comme les chamois), mais boit très peu, dans des flaques ou des petits ruisseaux calmes, rarement dans des torrents. La rosée sur les feuilles lui suffit en général.

Au printemps, il se nourrit d’arbustes, tels le noisetier, ou l’aulne vert dont il apprécie les pousses tendres et vertes, les bourgeons et les chatons.

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L’hiver, il se nourrit de la rare végétation accessible, et descend des hauts alpages lorsque les conditions météorologiques sont trop difficiles pour offrir suffisamment de nourriture.

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Eté : Les bouquetins mangent essentiellement des graminées.

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Hiver : Ils se nourrissent également de plantes à coussinets et plantes ligneuses, qu’ils cherchent à longueur de journée.

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La neige d’automne incite les animaux à descendre, mais ils le font le moins possible, en restant dans les pentes raides où la neige ne tient pas et où subsiste une herbe rase, ou une rare végétation accessible : lichens, mousses. Il peut aussi gratter la neige pour se nourrir. On rencontre parfois le bouquetin avec des moutons.

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Les crottes de bouquetin sont noires, rondes-ovales (1,5 cm), et disposées en petits tas. Elles ressemblent fortement à celles du mouton domestique (confusion possible), mais on les trouve évidemment toute l’année, même là où les troupeaux de moutons sont absents en hiver.

Habitat

Le bouquetin est une espèce rupicole. Son milieu de prédilection comprend des murailles abruptes, des falaises à pic ou des parois escarpées. Il ne fréquente la forêt qu’exceptionnellement.

Les bouquetins se trouvent dans tout l’arc alpin entre 1600 et 3200 m selon les saisons (en 2017, un bouquetin a été photographié à plus de 3700 m d’altitude dans la face sud de la Meije), ainsi que de manière isolée dans le Jura. C’est l’été que les animaux montent le plus haut, aux cols les plus élevés pour profiter surtout des pâturages non consommés par les autres herbivores sauvages ou domestiques, sur les sommets ou les crêtes. L’hiver, ils peuvent descendre jusque dans les vallées pour trouver de la nourriture. En hiver, il descend à la limite supérieure de la forêt et cherche les pentes raides bien ensoleillées. Si l’hiver est rigoureux, il descend au-dessous de cette limite.

Il évite les névés car il s’enfonce beaucoup dans la neige où les déplacements sont trop épuisants. Les bouquetins font donc des détours en passant par les rochers et falaises pour éviter les couloirs enneigés. Sinon, ils traversent un par un, pour éviter les risques d’avalanche, en formant une seule piste caractéristique.

Le bouquetin évite également la forêt (contrairement au Chamois), mais il peut s’abriter sous des arbres isolés.

Le bouquetin aime se prélasser sur des terrasses herbeuses bien exposées au soleil. Les emplacements de sieste sont choisis en position bien dégagée et dominante pour pouvoir surveiller le terrain en aval (éperon rocheux, corniche). Le bouquetin s’agenouille pour ruminer, et semble alors méditer avec indolence.

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Il passe la nuit dans des endroits couverts, secs et protégés du vent, comme les grottes et replis de terrain.

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Cycle de reproduction

Rut
Le rut a lieu de début décembre à mi-Janvier. Les animaux se regroupent alors en grandes bandes. Le bouc poursuit alors l’étagne durant de longues heures, langue pendante et les cornes rejetées en arrière. La monte est probablement nocturne.

Gestation
170 jours.

Mise bas
La mise bas a lieu vers mi-Juin, après 170 de gestation, dans un endroit inaccessible. Il naît un petit à la fois, très rarement deux. (Il n’y aurait une naissance qu’une année sur deux). L’étagne chasse alors le cabri de l’année précédente. Le jeune cabri est une proie facile de l’aigle. Il marche et saute quelques heures après sa naissance. Il piaule quand il a faim.

Allaitement
Trois mois

Sevrage
Mi-septembre/octobre.

Le Bouquetin des Alpes

Suivi des populations

Les animaux réintroduits font l’objet d’un suivi scientifique régulier grâce à des marques auriculaires. Ces boucles d’oreilles numérotées et colorées permettent de reconnaître à distance les animaux avec de bonnes jumelles ou une lunette d’observation.

De plus, des colliers radio-émetteurs permettent de les retrouver lors de leurs déplacements. Ces deux dispositifs sont utilisés conjointement pour le suivi des populations de bouquetins de Belledonne, du Vercors, etc…

Le bouquetin est un ongulé indolent et calme, donc facile à chasser. Il craint fortement les chiens. L’espèce est aujourd’hui protégée. La distance de fuite du bouquetin est assez faible (50 mètres, parfois moins), il est donc plus facile à approcher que le chamois (toujours très vif et méfiant) donc un mauvais fusil pourrait  l’atteindre beaucoup plus facilement.

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Bien qu’il soit maintenant protégé partout en France, le bouquetin ne cherche pas un habitat à plus faible altitude.

Grâce à différentes réintroductions, l’espèce se trouve de nouveau aujourd’hui dans la quasi-totalité du massif des Alpes, mais de façon très discontinue, en petits habitats dispersés.

Les populations ont augmenté régulièrement depuis les années 1960. Dans les années 1990, il était estimé que 30 000 individus vivaient dans les Alpes et les effectifs ont été estimés à plus de 50 000 individus pour l’année 2013.

Une autre étude estime à 55 297 (intervalle de crédibilité à 95 % : 51 157 – 62 710) le nombre de bouquetins dans les Alpes en 2015.

En 2015, le nombre de bouquetins des Alpes serait supérieur à 16 800 individus en Suisse, à 14 800 en Italie et à 10 500 en France selon les comptages réalisés périodiquement. Parmi les autres pays de l’arc alpin, il y aurait environ 6 730 bouquetins des Alpes en Autriche, 400 en Allemagne et 300 en Slovénie. Toutefois, ces protocoles de terrain tendent à sous-estimer fortement l’abondance (parfois de plus de 50 % par rapport aux estimations obtenues par capture-marquage-recapture), en particulier en été, ce qui suggère que les effectifs réels seraient bien supérieurs à ceux qui peuvent être reportés au travers des estimations habituelles.

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Suisse

Comme dans le reste des Alpes, l’apparition des armes à feu au XVe siècle marqua le début de son déclin. Le bouquetin disparut du canton de Glaris dès 1550. Dans les Grisons le dernier spécimen fut aperçu en 1650. Les derniers bouquetins de l’Oberland bernois furent tués entre 1750 et 1800. Le dernier bouquetin des Alpes suisses fut abattu en Valais en 1809.

En 1906, Joseph Bérard, descendant d’une famille légendaire de braconniers valdôtains, pénétra illégalement dans une des réserves royales italiennes à la demande des autorités suisses, et y captura illégalement deux jeunes femelles et un mâle qui furent introduits en Suisse, où ils servirent à la constitution d’une colonie. Le roi d’Italie avait préalablement refusé de céder plusieurs de ses bouquetins à son voisin. Selon les statistiques fédérales de la chasse de l’OFEV, les effectifs de bouquetins dans les Alpes suisses étaient de 4 400 en 1968, de 8 855 en 1978, de 12 580 en 1988, de 15 161 en 1993, de 14 928 en 1998, de 13 226 en 2003, de 16 355 en 2008 et de 17 128 en 2013 et l’effectif minimal a été estimé à plus 16 800 individus pour la même année selon une étude publiée par la revue Animal Biodiversity and Conservation.

France

Dans le courant du XXe siècle, quelques animaux en provenance du Grand Paradis sont venus naturellement renforcer les populations locales en vallée de la Maurienne (Savoie), qui ont résisté comme le groupe italien à l’extinction, du fait de leur isolement géographique.

Ils étaient une soixantaine quand eut lieu en 1963 la création du Parc National de la Vanoise, qui englobe la Maurienne et jouxte le Parc National italien du Grand paradis, principal refuge de l’espèce. Le Parc National de la Vanoise protège alors intégralement l’animal, qu’il adopte comme emblème. Des animaux commencent alors à sortir du parc, recolonisant naturellement les espaces proches de celui-ci.

Pour accélérer le repeuplement, des réintroductions ont été entreprises avec succès en Vanoise, plus précisément dans la vallée de Champagny (1980) et au pied du mont Pourri (1969).

Depuis 1981, un arrêté ministériel protège intégralement le bouquetin sur tout le territoire national.

Aujourd’hui, les Alpes françaises abritent plus de 10 500 bouquetins (estimation 2013) distribués sur plus de 2 500 km2, et c’est le Parc National de la Vanoise qui abrite la plus grande population : plus de 2 800 individus distribués sur tout le pourtour frontalier savoyard, depuis l’aiguille des Glaciers et la Grande Sassière en passant par la Grande aiguille Rousse ou l’Ouille d’Arbéron, les massifs du Mont-Cenis-Ambin, des Cerces, des Arves et des Grandes Rousses. On peut aussi rencontrer l’espèce dans le Beaufortain et en Belledonne mais également au sein du Vercors, des Écrins, de l’Ubaye ou du Mercantour ainsi que dans quelques parties de Haute-Savoie. Au printemps 2010, le bouquetin est réintroduit dans le massif de la Chartreuse.

Italie

Pays ayant permis la préservation de l’espèce, l’Italie a aussi favorisé sa réintroduction, combinée à une certaine migration spontanée en provenance de pays voisins, mais sa distribution est encore assez discontinue dans les Alpes italiennes. L’Italie compte plus de 14 800 bouquetins des Alpes répartis sur près de 5 000 km2.

Autriche

La première colonie fut rétablie en 1924 dans la vallée de Bluhnbach (montagne de Hagen), et la seconde en 1936, plus à l’est dans le Wildalpen, de sorte qu’en 1988, 740 bouquetins avaient été lâchés. L’Autriche compterait actuellement près de 6 730 bouquetins des Alpes.

Allemagne

La première réintroduction de 24 animaux a été réalisée en 1936 par le régime nazi, près de Berchtesgaden. La population est restée longtemps assez faible, mais a été renforcée par des animaux importés de Suisse et quelques réintroductions supplémentaires. Il y avait dans les années 1990 quatre noyaux de population stables. Le potentiel d’extension est faible en raison de la taille limitée du massif allemand. L’Allemagne compterait actuellement près de 400 bouquetins des Alpes.

Bulgarie

Dans le milieu des années 1980, une population a été introduite dans le massif de Rila, en Bulgarie.

Slovénie

L’animal a été introduit dans les Alpes slovènes. La Slovénie compterait actuellement près de 300 bouquetins des Alpes.

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Bonnes randonnées et bonne observation !

 

Bien sûr, si vous ne vous sentez pas de partir seul, n’hésitez pas à faire appel au service d’un professionnel de la montagne.

 

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